Les oubliées du numérique

Les oubliées du numérique

Dans le monde occidental, la technique et le numérique, appartiennent à un domaine massivement masculin. Ce ne fut pas toujours le cas : les premières programmeuses étaient des femmes, alors qu’aucune formation ne conduisait à la programmation. Isabelle Collet autrice et sociologue de l’éducation se plait à nous le rappeler.

Cette activité de programmation est certifiée, depuis les années 1980, en Occident. Sa valeur sociale et symbolique s’est accrue. Les hommes ont alors investi progressivement ce domaine. Par ailleurs, plus la technologie avance, plus ce champ est perçu comme exigeant un esprit scientifique, de la logique, un rapport aisé à la machine, un esprit mathématique. Autrement dit, des compétences reconnues, dans nos pays, comme prioritairement masculines.

Isabelle Collet admet que des mesures sont prises depuis les années 2000 pour ouvrir des perspectives aux femmes : mentorat, rôle modèle, lutte contre les stéréotypes, etc. Néanmoins les résultats de telles mesures restent modestes à ce jour.

Du point de vue de l’autrice, une transformation est indispensable à l’échelle du système de genre, afin de permettre à chacun·e d’opérer des choix autodéterminés, affranchis d’un système normatif et de représentations. Isabelle Collet suggère, par exemple, que les critères d’admission dans les formations du numérique, de la technique et de l’ingénierie en général, soient redéfinis pour favoriser plus d’inclusivité. Dans le même ordre d’idées, la hiérarchie des disciplines serait à repenser.

Le propos de l’autrice est à la fois vif et engagé. Il nous apparaît que ce serait une lecture à didactiser et à partager en classe, avec des élèves de 13 ans et plus. L’objectif est de nourrir le débat sur les compétences scolaires et professionnelles attendues, lesquelles répondent encore régulièrement à des critères genrés, qui justement, n’ont rien à voir avec des compétences techniques, numériques etc.

Enfin, un enjeu pédagogique de taille serait, non plus de mobiliser les stéréotypes comme explication de la division sexuée des métiers, ce qui demeure le discours prégnant. Au contraire, il s’agirait  de caractériser le stéréotype, en tant que fabrication culturelle et manifestation d’un rapport de pouvoir.

Domaine/discipline

Sociologie de l'éducation

Autrice(s)/auteur(s)

Isabelle Collet

Mots-clés

Atypisme, autocensure, censure sociale

Année de parution

2019

Édition

Le Passeur

Accès en ligne

Le rendez-vous des futurs avec Isabelle Collet, 5 mai 2021

Ressources connexes

Les freins à l'orientation des filles et des garçons dans les filières numériques et informatiques. Webiniare animé par Gaëlle Perrin, chargée de mission Éducation à l'égalité au Centre Hubertine Auclert. 19 avril 2023

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